T-Mobile et Sprint pourront désormais se fusionner

T-Mobile et Sprint

C’est la « Merger Mania » dans les médias aux États-Unis, comme le baptise le New York Times. Désormais, les géants des télécommunications américaines, T-Mobile et Sprint, sont autorisés à suivre son accord de fusion qui s’annonce depuis deux années. C’est un nouveau chapitre d’élargissement corporatif dans une véritable course qui a complètement changé les règles du jeu financier américain ces dernières années.

Ce mardi, la cour de district de Manhattan a rejeté la controverse présentée par 13 états plus le district de Columbia qui empêchait la fusion des deux compagnies. Le mandat, statué par le juge Victor Marrero, a été loin des inquiétudes des critiques anti-monopole qui craignent une réduction dans la compétition et une augmentation des tarifs pour les services de communication cellulaire.

Au contraire, l’arbitre n’avait que des éloges pour T-Mobile, mettant en avant sa nature « pionnière » qui a « poussé les deux plus grands acteurs de son secteur à effectuer de nombreux changements en faveur des consommateurs » et décrivant sa stratégie commerciale comme « une réussite indiscutable »

Le décret permet que T-Mobile, la 3è compagnie cellulaire aux États-Unis, absorbe Sprint, 4è firme dans le même rangement, pour une quantité qui fleure les 26,5 milliards de dollars, estimés au début des accords en 2018, avant qu’aucun procès ne commence.

En attente d’une renégociation, plusieurs voix se sont exprimées à propos du décret du mardi.

John Legrere, chef exécutif de T-Mobile qualifiait la décision comme une « énorme victoire » pour la fusion, au même temps que Marcelo Claure de Sprint assurait qu’elle « valide l’idée de que cette opération est dans le meilleur intérêt de l’économie américaine et des consommateurs américains »

En contrepartie, l’avocate pour New York, Laetitia James, déclarait que cette fusion sera nuisible pour les consommateurs. D’après elle, l’opération pourrait entraîner des coûts extraordinaires pour les usagers d’environ 4,5 milliards de dollars par an en faveur « d’énormes profits corporatifs ».

Des fortes plaintes sont aussi venues de la part de l’organisation syndicale des travailleurs des télécommunications aux États-Unis (Communication Workers of America), qui prévient que la fusion mettra 30 000 postes en risque direct.

Cette opération est la plus récente dans une suite de négociations multimilliardaires qui ont défini le contexte financier récent dans le pays américain. Depuis 2013 avec l’opération de Verizon pour 130,3 milliards, les géants des médias ont fixé le ton pour les grandes fusions corporatives cette décennie. D’après le site de l’Institute for Mergers, Acquisitions and Alliances (IMAA), 5 des 10 négociations les plus importantes de regroupement corporatif aux Etats-Unis sont pour des entreprises liées aux télécommunications.

Les exemples de Disney et AT&T sont les plus représentatifs des dernières années. La compagnie de la souris Mickey a racheté l’emporium de 21st Century Fox à Rupert Murdoch pour 84,2 milliards de dollars, et détient aujourd’hui un catalogue de contenu extrêmement populaire. D’autre côté, l’acquisition de Time Warner Inc. par AT&T a rassemblé deux grandes compagnies médiatiques pour 79,4 milliards. De plus, d’après le magasin Fortune, les firmes internationales auraient négocié différents accords de fusion pour une somme totale de plus 3,9 billions de dollars.

De même, l’envergure de l’opération approuvé est très importante. Avec la fusion, la plupart des clients de Sprint finiront par avoir des contrats avec T-Mobile. Dans un pays de près de 330 millions d’habitants où plus du 95% de la population se sert du service mobile, ceci signifierait que près d’un tiers de ce chiffre seraient des utilisateurs abonnés à T-Mobile.

Pour les deux sociétés la fusion se présente dans un moment décisif dans leur avenir. En se combinant avec Sprint, T-Mobile a déclaré qu’elle sera en mesure d’accélérer son développement de la 5G, tout comme les deux autres géants cellulaires américains, AT&T et Verizon. De son côté, Sprint et sa société japonaise mère, SoftBank Group Corp, cherchent se bénéficier de l’opération pour son tout nouveau fonds d’investissement technologique qui a failli atteindre les 108 millions de dollars envisagés à la collecte de fonds organisée ce février.

À la fermeture des marchés ce mardi, les actions de Sprint avaient augmenté de plus de 77 %, tandis que celles de T-Mobile l’ont fait de 11 %. Les deux compagnies ont déjà déclaré qu’ils n’ont aucune intention d’augmenter ses tarifs pour les 3 années à venir.

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